Assurances et nouveaux modes de déplacements : ça bouge !

Assurance - Analyse - IARD

Recevoir la newsletter

IA, montres intelligentes, bracelets connectés... Les usages d'aujourd’hui n'ont plus rien à voir avec ceux d'hier. Et la révolution n'est pas que du côté du digital. Trottinettes électriques, velib’ et autres voitures partagées fleurissent le long de nos trottoirs. Une aubaine pour les usagers mais un casse-tête pour les assureurs... 

Les caractéristiques des nouveaux modes de déplacement

L’engouement pour ces nouveaux modes de transport témoigne du recul de l’utilisation de la voiture personnelle auprès des habitants en environnement urbain. Trois facteurs peuvent l’expliquer : une question économique (l’augmentation des tarifs du carburant fait réfléchir les conducteurs), une préoccupation environnementale (par volonté écologique, certains automobilistes préfèrent restreindre l’usage de leur véhicule) et une évolution technologique (la facilité d’accès aux données permet d’optimiser les modes de déplacement individuels).

La notion d’usage du véhicule s’est ainsi aujourd’hui partiellement substituée à celle de propriété. Ce glissement de la propriété vers l’usage se trouve principalement chez les 18-24 ans, qui manifestent un attachement bien moindre à la voiture. D’abord, parce qu’elle coûte cher. Plus cher que les billets d’avion « low cost » ou les billets de train acquis en seconde main sur Internet. Même passer le permis est devenu secondaire alors qu’il était synonyme de liberté il y a encore 10 ans. Ensuite, parce qu’elle passe pour un objet superflu : à quoi bon lorsqu’on a - chez soi ou à portée de smartphone -  le Vélib, les Véhicules de Transport avec Chauffeur (VTC) ou les Nouveaux Véhicules Électriques Individuels (NVEI) ? Sans parler du covoiturage.

Une vision qui nécessite toutefois d’être nuancée : si les Parisiens et citadins des grandes mégapoles françaises peuvent vivre sans voiture, la situation se présente différemment pour les jeunes évoluant dans des environnements ruraux ou urbains moins denses, où accéder à l’emploi passe impérativement par la conduite automobile. Sans compter les locations ponctuelles ou saisonnières. Les irréductibles non-conducteurs ne sont donc qu’une poignée, et  il reste à l’assurance Automobile quelques belles années à vivre. 

La mobilité urbaine : une mine d’opportunités pour les assurances…

L’avenir de la voiture et de ses garanties se dessine de plus en plus précisément à mesure qu’avancent les recherches sur la mise au point des véhicules autonomes. Des expérimentations qui posent de nombreuses questions en matière de législation et d’assurance. Mais le monde de l’assurance n’a pas attendu l’arrivée de la voiture autonome pour s’intéresser à la mobilité partagée : partenariats entre assureurs et réseaux de covoiturage, intégration dans les contrats de la garantie d’arrivée à destination...

La mobilité urbaine est donc plus que jamais au cœur du quotidien et sa principale mutation passe par la dématérialisation de la mobilité. Demain, plus qu’un véhicule, c’est le déplacement en lui-même qui fera l’objet de transactions et de garanties. Flexibilité, localisation immédiate, facilité de paiement, et service en temps réel font déjà partie des attentes.

Se déplacer en ville ou d’une ville à l’autre est désormais moins une question de mode de transport que de convergence des transports ou de mobilité multimodale : Autolib jusqu’à la gare la plus proche du domicile, train jusqu’au lieu de destination, Vélib ou trottinette pour aller travailler… Désormais, tous les modes de transports se complétent et s'emboîtent les uns dans les autres.

La mobilité intègre maintenant le marché des prestations de services, par le biais de plateformes de mobilité. Des plateformes qui, à ce jour, restent à mettre en chantier et à ce titre, s’assurent. L’occasion pour les assureurs de conquérir de nouveaux marchés et de faire valoir leur expertise. Et d’autres pistes s’ouvrent également pour les professionnels de l’assurance.

success-stories-digitales-banque-assurance-eBook

Le développement des nouveaux modes de transport pourrait aussi passer par une régulation de l’usage individuel des véhicules en zones denses. Les élus municipaux de plusieurs grandes villes européennes comme Hambourg, Oslo ou Copenhague envisagent d’interdire la circulation des voitures dans certaines zones, notamment pour améliorer la qualité de l’air. Une décision qui pourrait faire boule de neige.Et si Paris suivait le mouvement, cela signifierait que les franciliens utiliseraient moins souvent leur véhicule personnel, ce qui ouvrirait plus largement aux professionnels de l’assurance la voie de l’assurance comportementale.

La diminution sur les routes des véhicules individuels permettrait aussi l’élargissement des pistes réservées aux cyclistes, que pourraient également emprunter les utilisateurs de NVEI, réduisant ainsi le nombre d’accidents impliquant des piétons. Un chantier que pourraient couvrir, là encore, les professionnels de l’assurance.

L’intermodalité des transports couplée à la mobilité à la demande pourraient favoriser l’apparition de modifications quant à la temporalité de la couverture du contrat d’assurance.

Ainsi, une personne pilotant un véhicule automobile ou un deux-roues pour une journée seulement pourrait conclure un contrat d’assurance et payer une cotisation au pro-rata de la durée d’utilisation du véhicule. Inversement, celui qui, dans le cadre d’un contrat d’autopartage, prêterait son véhicule pourrait solliciter de son assureur une suspension de couverture, donc une prime d’assurance minorée.

Un terrain sur lequel évolue déjà AXA avec son contrat « Ma Mobilité Auto », proposé aux adeptes de l’autopartage pour une durée prédéfinie, en France comme à l’étranger. Un atout qui sera de taille en 2024, avec les modifications qui se profilent au moyen de la Directive Européenne sur la RC Auto.

Et pour les usagers des transports ferroviaires franciliens, rien n’interdit d’imaginer qu’Axa, qui a su exploiter la blockchain pour indemniser les passagers victimes de retard dans les transports aériens, adapte cette solution aux transports des trains de banlieue... 

…ou un casse-tête face aux nouveaux risques

Pour autant, tout n’est pas encore parfaitement réglé entre les nouveaux modes de déplacements urbains et l’assurance. Quelques interrogations subsistent, parmi lesquelles les garanties contenues dans les contrats d’assurance des utilisateurs de NVEI, qui feront l’objet de développements spécifiques ultérieurs.

L’émergence des véhicules autonomes ou semi-autonomes suscitera également de nombreuses questions, parmi lesquelles l’imputabilité de la faute ayant occasionné le préjudice si le propriétaire du véhicule, conduit en mode autonome, n’en n’est que le passager. Sans oublier tous les autres points inhérents à ce nouveau mode de transport : coût de réparation élevé impactant les primes d’assurance, nombre d’accidents en théorie plus rares à long terme, risques de hacking à garantir...  

Et ces nouveaux marchés assurantiels ne prennent pas en compte les recherches et innovations en cours d’expérimentation sur la voiture volante, comme c’est déjà le cas à Dubaï (taxi volant) et bientôt aux Etats-Unis, où sera commercialisée la première voiture de ce type en 2019.

Il existe à présent deux types d’acteurs économiques : ceux qui courent après les autres et ceux qui les prennent de vitesse. A l’assurance de choisir quelle attitude elle adoptera.

telecharger-ebook-booster-marketing-assurance

Articles récents

4 outils indispensables pour opérer la transformation digitale en assurance

C’est le tournant du siècle à ne pas manquer. La transformation digitale touche tout le monde, et force les entreprises de tous les secteurs à s’y conformer. Pourtant, il est parfois difficile de s’y retrouver. Entre les...

3 exemples de stratégies digitales réussies en assurance

Dans un monde de plus en plus digitalisé, mettre en place une stratégie digitale dans le secteur de l’assurance en accord avec son temps n’est plus une option. Alors que le secteur bancaire a amorcé depuis longtemps déjà...

La DDA, contrainte réglementaire ou opportunité commerciale et stratégique ?

Gouvernance produit, et formalisation du Devoir de Conseil. Deux concepts centraux et intimement liés de la Directive Distribution d’Assurance (DDA) qui devraient constituer une mini révolution pour les acteurs de l’assu...

REJOIGNEZ LA DISCUSSION

Recevoir la newsletter