Assurance de comportement : vous payez ce que vous êtes

Assurance - Analyse

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Faut-il indemniser les assurés en fonction de leur comportement au volant ? De leur hygiène de vie ? Une démarche qui séduit, mais qui inquiète aussi…

En Irlande, l’appel au législateur par la compagnie d’assurance AIG pour rendre obligatoire la télématique embarquée dans les contrats d’assurance automobile souscrits par de jeunes conducteurs, ramène l’assurance de comportement (qui subordonne l’évaluation de la prime au comportement du client) sous les feux de l’actualité.

L’assurance, dans son principe, repose sur le regroupement de personnes pour se protéger de manière solidaire. Une tendance qui se retrouve dans le crowdinsuring, mais aussi au travers de réseaux sociaux communautaires.

Aujourd’hui, les acteurs de l’environnement bancaire et assurantiel se trouvent de plus en plus souvent confrontés à une population née entre 1980 et 2000 : une population partagée entre l’envie de se démarquer et le besoin d’appartenance à un collectif en fonction de leur tranche d’âge, une population qui laisse des indices révélateurs de ses comportements - voire de son profil psychologique - au travers des messages postés sur les réseaux sociaux.

Des indices qu’exploitent certains acteurs de l’assurance au moment de définir le montant de la prime. Mais qui leur permet aussi, conjointement à l’Intelligence Artificielle et aux objets connectés, d’entretenir avec leurs clients une relation de proximité.

Pour autant, cette population soucieuse de son individualité reste relativement réfractaire lorsqu’il s’agit de communiquer certaines données, comme en témoigne leur prudence envers l’assurance Habitation connectée. Parmi leurs craintes, le piratage des données occupe une place importante.

Initialement exploitée par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Microsoft, Amazon), la collecte de données comportementales permet aujourd’hui à ces entreprises issues du monde du Web de faire irruption sur le marché de la bancassurance. Un marché qui a longtemps fonctionné sur des modèles actuariels, rendus obsolètes par le Big Data.

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Assurance de comportement et auto : conducteurs, vous êtes suivis

L’examen des statistiques éditées annuellement par l’Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière révèle une reprise de la mortalité routière annuelle depuis 2013, avec une hausse de la mortalité des automobilistes sur autoroute parmi la tranche d’âge 25-34 ans. Des accidents qui trouvent leur origine dans la vitesse excessive des conducteurs. Face aux objectifs ambitieux des pouvoirs publics français de réduction des accidents de la route, l’industrie automobile répond par le développement de dispositifs de sécurité active, et notamment d’assistants personnels de conduite. Des outils qui permettent aux acteurs de l’assurance - qui calculent le montant de la prime selon le risque que l’assuré leur fait courir - de moduler celui-ci en fonction de son comportement au volant. Et, attiré par la perspective de voir le montant de sa prime d’assurance réduite, le conducteur adopte des comportements responsables. Ce faisant, il participe à la réduction du nombre et de la gravité des accidents, donc d’un accroissement de la sécurité routière.

Un effet bénéfique dont les compagnies d’assurances ne manqueront pas de se servir pour améliorer, tant auprès du consommateur que du candidat à l’embauche, une image de marque habituellement peu flatteuse : le « pay how you drive » produit des effets vertueux à tous les niveaux.

Assurance de comportement et santé: bienvenue à Gattaca ?

Vertueux ? A condition de ne pas pousser le bouchon trop loin… Car en étendant le principe de l’assurance de comportement au secteur de la santé, l’italien Generali, lors du lancement de Vitality, a touché à un point sensible en droit français : l’accès aux données de santé.

Un accès très strictement réglementé par la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, dite « loi Informatique et libertés », et par les dispositions de l’article L1461-1 et suivants du Code de la Santé Publique. Selon ces dispositions, les assureurs ne peuvent pas avoir accès au Système National des Données de Santé pour modifier leurs cotisations ou primes d’assurance.

Il reste que certains acteurs français de l’assurance ont sauté sur l’aubaine qu’a constituée la généralisation de la complémentaire santé, pour proposer à leur clientèle d’entreprises des montres et des bracelets intelligents capables de surveiller les fonctions vitales des salariés.

Une généralisation des objets connectés dans les produits de complémentaire santé pourrait déboucher sur des cas de discrimination à l’assurance, puisque le refus par l’assuré de divulguer ses données de santé pourrait déboucher sur le refus par la mutuelle de le couvrir. Un refus dont la légalité et la légitimité relèvera de l’appréciation souveraine des juridictions compétentes… A moins que sous la pression d’un ou plusieurs groupes d’intérêt, la loi française ne soit assouplie…

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