La Blockchain : du pain béni pour l’Assurance

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Blockchain : un mot qui revient souvent dans les conversations des férus de technologies. Mais un outil pour quel usage dans le monde de l’Assurance ? Un tour d’horizon s’impose.

C’est en 2008 que commence l’histoire de la Blockchain, une histoire associée à celle du Bitcoin, tous deux créés par le japonais Satoshi Nakamoto pour mettre en place un système de transactions financières qui s’affranchirait de la dépendance au milieu bancaire.
Si dix ans après, le Bitcoin a traversé des fortunes diverses, la Blockchain s’impose comme une innovation technologique comparable à ce qu’en son temps fut Internet.


1) La Blockchain, c’est quoi ?


Définie de manière très simple, la Blockchain est un procédé permettant à un groupe de personnes qui ne se connaissent pas de gérer des transactions en tout anonymat sans recours à l’intermédiation d’une personne extérieure au groupe. Il s’agit donc d’un dispositif de désintermédiation.
Pour être exploité dans le cadre d’une relation entre assureur et assuré, le fonctionnement de la Blockchain doit reposer sur un accord externe : le smart contract (accord entre les deux parties, électroniquement programmable en fonction de l’apparition d’événements préalablement codés au sein du contrat. Ces événements font l’objet d’un constat par l’intermédiaire des objets connectés, qui remplace alors le tiers de confiance humain).

 

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2) La Blockchain, pour quoi faire ?


« À l’horizon 2018, 68% des assureurs adopteront la Blockchain dans leur processus/outils en production. Ils seraient 100% d’ici 2020 » prévoit une étude de Price Waterhouse Cooper. Pour tous, l’enjeu est triple : augmenter la croissance, réaliser des économies de coût et améliorer le parcours client.
Cette technologie favoriserait alors aux professionnels de l’assurance de se sortir de l’ornière d’un marché mature à la croissance faible. Mais au-delà, la Blockchain permet surtout de simplifier les relations, d’optimiser des procédures complexes et d’accélérer les procédures d’indemnisation.


1 : Simplifier les relations

En permettant l’enregistrement et le stockage de données personnelles, la Blockchain permet une meilleure connaissance du client : identité, revenus, patrimoine… Un secteur dans lequel les assureurs sont prêts à consentir des investissements technologiques importants. Pourtant ces données, si elles améliorent la compréhension des attentes du client, posent la délicate question de leur protection.

Cette question, préoccupant nombre d’assureurs, a été partiellement traitée par la décision de la Cour de Justice de l’Union Européenne le 13 mai 2014, consacrant un droit à l’effacement des données personnelles, donc un droit à l’oubli. Or, le principe de la Blockchain (tel que précédemment évoqué) ne le permet que partiellement puisque les données restent dans les historiques des utilisateurs. Et l’entrée en vigueur de la Réglementation Générale sur la Protection des Données (RGPD) le 25 mai 2018 soulève des questions de conformité.
Mais la simplification des relations concerne également les rapports entre assureurs. Ainsi, dans le cadre de la loi Hamon sur la résiliation de contrats d’assurance, la Blockchain permet de sécuriser les échanges d’informations entre assureurs liées à l’assuré.

2 : Optimiser des procédures complexes

Une complexité qui tient d’abord à la multitude des événements pouvant survenir en temps réel et des intervenants impliqués dans l’exercice d’une activité donnée. Réunir ces intervenants sur une plateforme unique pour fluidifier leurs échanges et bénéficier d’un dispositif en mesure de créer et mettre à jour les polices d’assurance de manière automatique grâce à des protocoles informatiques, en prenant en considération leur volume d’activité et les risques encourus, représentait un véritable défi.
C’est pourtant ce qu’a permis la Blockchain dans l’univers du transport maritime. Grâce à une base de données répertoriant les opérations d’expédition sur un registre public décentralisé, les réglementations à respecter et les risques encourus par les navires au cours de leur voyage, le traitement de l’opération a été réduit de 10 jours à 2 heures, sans compter la réduction drastique du coût de traitement des documents.
Dans cet élan, c’est donc fort logiquement que HSBC et EULER HERMES se sont associé pour mener un programme « proof of concept » intégrant la technologie Blockchain dans l’univers de l’assurance-crédit. Les simulations de transactions commerciales réalisées grâce à la plateforme Blockchain ETHEREUM ont permis de démontrer qu’utiliser la Blockchain pour « améliorer la traçabilité et la fluidité des informations, et financer les créances commerciales en environnement blockchain via l’assurance-crédit », selon les termes du communiqué conjoint, a abouti à des résultats positifs probants.
Une telle rapidité dans la gestion des procédures profite in fine à l’assuré, puisqu’elle participe à l’accélération de l’indemnisation de son préjudice.

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3 : Accélérer l’indemnisation

Le recours aux objets connectés pour prouver la matérialité du préjudice subi, dispense l’assuré victime de la charge de la preuve. Fini la déclaration de sinistre à transmettre, terminé les exclusions : bienvenu au XXIe siècle dans l’assurance paramétrique, qui se déclenchent lorsque l’existence de paramètres quantifiables est observée.

« Votre vol a 2h de retard ? Recevez votre argent sans réclamer » : telle est la promesse d’AXA à ses assurés. A l’origine de la réalisation de ce qui peut apparaître comme une révolution, la plateforme Blockchain ETHEREUM et ses contrats sécurisés et intelligents. Des contrats autonomes connectés à un fournisseur de données d’horaires aériens qui déclenchent automatiquement le règlement de l’indemnisation si le retard est constaté. Une trouvaille qui permet non seulement de réduire les coûts de gestion, mais aussi de fidéliser le client satisfait d’une indemnisation aussi rapide de son préjudice.

L’assurance vers d’autres cieux, d’autres rivages

Les progrès numériques réalisés au cours des dernières décennies ont permis un essor sans précédent de l’économie collaborative. Touché par la transition numérique et le mouvement de désintermédiation qui l’accompagne, le secteur de l’assurance de demain pourrait être très différent de celui d’aujourd’hui. Une désintermédiation qui se matérialise dans d’autres secteurs, comme en témoigne TESTAMENTO, le site Internet qui propose la rédaction d’un testament olographe en ligne, rendant ainsi les services d’un notaire facultatifs.

Sous l’influence de la Blockchain, les contrats intelligents entre particuliers pourraient sans difficulté se généraliser. Potentiellement, dans le futur, ils pourraient ainsi permettre à des individus qui ne se connaissent pas de se constituer en organisations autonomes décentralisées (DAO) et de s'assurer entre eux sans le pilotage d’une tierce personne : compagnie, courtier ou intermédiaire d’assurance.

Un acte qui serait fondateur d’une autre forme d’assurance, et marquerait un retour aux racines du mutualisme.

 

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