Assurance Emprunteur : les grandes lignes du marché en 2018

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La promesse d’économies conséquentes via la possibilité, pour les clients, de changer leur assurance emprunteur a bousculé un marché quasiment figé jusqu’en 2015. Nous nous en faisions l’écho dans un article paru en septembre dernier. Désormais la guerre est bel et bien déclarée entre banquiers et assureurs alternatifs et il est temps de dresser un état des lieux des forces en présence.

Grâce aux informations de la base de données Profideo, découvrez les grandes lignes de la recomposition du marché de l’emprunteur et son impact sur les cotisations et les garanties proposées.

Délégation d’assurance : une recomposition du marché

Aujourd’hui, plus de 400 contrats alternatifs sont proposés aux assurés désirant profiter du dispositif de changement de leur Garantie Emprunteur. 25% d’entre eux ont fait leur apparition sur le marché au cours de l’année 2018, un dynamisme inégalé tous risques confondus dans le secteur de l’Assurance. Metlife a, par exemple, proposé pas moins de 15 versions de son contrat Super Novaterm depuis 2015.

Tous ces nouveaux contrats ont un seul but : s’adapter aux critères d’équivalence de tous les établissements bancaires tout en tentant de proposer un tarif compétitif.Mais bien que leur prix soit attractif, le changement d’assurance emprunteur est perçu par les assurés comme une procédure longue et complexe. Qu’à cela ne tienne ! Les assureurs ont dégainé un panel d’outils permettant un choc de simplification :

  • Les seuils de déclenchement des formalités médicales sont repoussés et la télédéclaration de celles-ci proposée
  • Un accompagnement est fourni durant la procédure de délégation.
  • Une digitalisation à 100% des offres sur l’ensemble du parcours de souscription est possible (78% des offres alternatives proposent ce service)
La promesse client est simple : faire des économies conséquentes avec un minimum de démarches.

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Une solution de contournement rusée

La dernière barrière à franchir est celle de l’acceptation de délégation par l’établissement bancaire. Les assureurs ont donc créé des offres adaptables à l’ensemble des critères d’équivalence exigés.

C’est ainsi qu’une multiplications de conditions particulières adossées aux contrats ont fait leur apparition avec une mention rusée : En cas de sinistre, seront appliquées les dispositions les plus favorables entre : - celle de la notice d'information - celles du contrat en vigueur au jour précédant le changement d'assurance.

Mais comment les assureurs alternatifs font-ils pour proposer à la fois un tarif agressif et les mêmes garanties ?

Assureurs alternatifs : les outils pour réduire la cotisation

Rappelons que, bien que le marché de l’assurance emprunteur représente un intérêt financier non négligeable pour les banques, l’intérêt premier de la couverture de ce risque est de se prémunir du défaut de paiement de l’emprunteur.

A ce titre, tous les clients ne représentent pas le même risque et les assureurs alternatifs l’ont bien intégré dans leurs modèles de tarification, en proposant des taux de cotisation en fonction du risque réel et du comportement de l’assuré.

Par exemple, si les limites d’âge à la souscription sont plus élevées pour les assureurs alternatifs (85 ans en moyenne pour le risque décès contre 75 ans pour les banques), le tarif associé devient très vite anti-sélectif.  De même, pour un profil fumeur, les tarifs varient très fortement chez les assureurs alternatifs et beaucoup imposent une déclaration en cas de reprise du tabac afin de réévaluer les cotisations. En 2018, Afi-esca va même plus loin et propose des réductions en contrepartie d’une activité sportive.

Enfin, le choix des garanties ne revient pas toujours à l’assuré. Le groupe Prévoir permet de souscrire une garantie IPP uniquement si celle-ci est exigée par l’établissement prêteur au travers de ses critères d’équivalence.

In fine, l’assuré bénéficie-t-il toujours du même niveau de garantie ? Ce n’est pas si sûr.

Par exemple, en 2015, un acteur changeait sa formule de calcul de l’IPP. Conséquence pour l’assuré : une couverture limitée à 10% de l’échéance due (cette rente a été revue à la hausse en 2018 dans le contrat).

Pour proposer des tarifs d’appel séduisants, les assureurs alternatifs ont donc des modèles de tarification s’appuyant sur une démutualisation des risques entre les profils d’assuré et une modification de garanties qui ne font pas l’objet d’exigences de la part de l’établissement prêteur.

A contrario, les établissements bancaires construisent leurs offres en mutualisant les risques au maximum pour leurs offres standards.

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La possibilité de résiliation a-t-elle impacté les garanties des contrats ?

Le dynamisme du marché de l’assurance emprunteur a eu un impact significatif sur les tarifs mais également sur les garanties.

Tout d’abord l’accessibilité des contrats est beaucoup plus étendue : les limites d’âges (quel que soit le risque considéré) ont augmenté en moyenne de 2 ans sur l’ensemble des contrats.97% des contrats indemnisent les risques ITT et IPT au regard de la profession exercée par l’assuré. En 2015, seuls 80% d’entre eux proposaient cette option.Burn out, dépressions, lombalgies sont des motifs d’arrêt qui ne font qu’augmenter d’année en année. En 2015, 85% des contrats alternatifs permettaient de couvrir ce risque ou d’en racheter l’exclusion, aujourd’hui 94% des contrats commercialisés le permettent moyennant une surprime.Du côté des contrats bancaires, ce risque est couvert sans surprime dans 76% des contrats.

Toutes les modifications constatées sur les garanties sont principalement le fruit des exigences des établissements bancaires qui se sont durcies sur les deux dernières années en exigeant une couverture des risques plus étendues. Ce durcissement a un double intérêt pour les banquiers : une meilleure couverture du défaut de paiement des mensualités de prêt mais également une rétention plus aisée des profils qui font l’objet de surtarification de la part des assureurs alternatifs. 

Depuis 2015, plus de 600 nouveaux contrats alternatifs ont été créés par près de 120 acteurs différents. Nous n’observons aucun tarissement de cette tension concurrentielle au cours de l’année 2018, bien au contraire. En effet, cette année a été marquée par l’amendement Bourquin qui nous apporte son lots de nouveautés avec notamment la commercialisation de contrats exclusivement dédiés à la substitution.

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