Assurance : histoire d’une révolution digitale

Assurance - Analyse

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Depuis la loi Hamon, la résiliation annuelle des contrats d’assurance est facilitée pour l’ensemble des assurés. Une aubaine pour des consommateurs versatiles de plus en plus axés sur les nouvelles technologies et enclins à se tourner vers internet pour réaliser l’ensemble de leurs démarches d’Assurance. C’est une véritable révolution digitale qui a commencé à s’initier dans le monde de l’Assurance, tous risques confondus. Retour sur une mutation progressive du marché, initiée il y a 10 ans.

2010 : les débuts du canal internet dans la distribution d’Assurance

Dès 2009, les assurés sont de plus en plus enclins à réaliser des comparatifs de leurs offres d’Assurance avec un seul but : réduire leurs cotisation - parfois au détriment des garanties souscrites - et ce, quel que soit le produit d’assurance détenu.

L’IARD, pionnier du genre

L’IARD a été le premier marché conquis par les assureurs Pure Players. Un acteur parmi les pionniers dans le domaine s’est démarqué au début des années 2010 : Amaguiz, le Pure Player détenu par Groupama.

Et ce avec une promesse simple : la réduction de cotisations (grâce à l’économie des coûts fixes liée à l’absence de présence physique) et une flexibilité des garanties (à choisir par le consommateur parmi une sélection). Un résultat concluant puisque 72 000 contrats ont été conclus sur ses deux premières années d’existence.

L’IARD a été l’un des premier marché attaqué car la résiliation y est simple et les formalités d’accès peu contraignantes. Nul besoin de reprise de passif ou de questionnaires médicaux comme en Assurance de personnes. Le devoir de conseil y est également allégé à la condition d’une présentation claire des garanties.

L’Assurance Santé Individuelle : un second précurseur

Le domaine de l’Assurance Santé Individuelle a ensuite suivi la tendance. Possibilité de souscription en ligne en tout ou partie, comparaison de garanties : à l’époque, les acteurs se lancent dans la conquête de parts de marchés dans un monde où l’ANI n’existe pas encore.

C’est ainsi que quelques acteurs ont bâti les débuts d’une course digitale dans l’Assurance.

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En quelques années, élargissement aux autres risques assurantiels

Ces dernières années, la surveillance continue du marché menée par Profideo, a mis en lumière une vraie mutation du marché, et ce sur l’ensemble des risques d’Assurance.Deux secteurs ont connu des changements particulièrement importants : la Garantie Emprunteur et l’Assurance Vie.

Garantie Emprunteur, quand ouverture rime avec digital

Dans le domaine de l’Assurance Emprunteur, la loi Hamon a notamment permis à l’ensemble des assurés d’user de la possibilité de délégation ou de substitution de leur assurance de prêt à la condition de respecter les exigences d’équivalence de garanties de l’établissement prêteur.

En 2018, 25% des contrats alternatifs de Garantie Emprunteur permettent la réalisation intégrale du parcours de souscription en ligne. En 2016, ils n’étaient que 10% à le proposer.

Conséquence pour les acteurs : une nécessité d’avancée conséquente dans leurs systèmes d’informations avec la détermination automatisée de la combinaison de garanties adaptée à l’établissement prêteur, la digitalisation complète des formalités médicales, etc.

L’Assurance Vie, près d’un quart du marché pour les Pure Players

Du côté de l’Assurance Vie, environ 20% des contrats actuellement commercialisés sont des contrats Pure Player. Le cap psychologique du besoin de conseil concernant l’épargne est donc enfin dépassé par le grand public. Les acteurs multiplient les innovations en ce sens en prenant garde de répondre à leurs impératifs de devoir de conseil sans pour autant faire obstacle à la digitalisation de leurs offres.

Yomoni, acteur purement digital, a fêté ses 3 ans d’existence en 2018. De la même manière que d’autres acteurs, il n’offre pas de conseiller en direct, mais un bilan d’épargne totalement digital et des recommandations d’investissement en quelques clics (qui font office de devoir de conseil). Fort de sa première réussite, Yomoni s’est d’ailleurs lancé sur le marché de l’Epargne Salariale entièrement digitalisée cette même année.

Des débuts timides en Assurance Collective

Enfin, les Assurances Collectives (Santé et Prévoyance) connaissent depuis peu les débuts d’une révolution digitale menée notamment par un nouvel entrant Pure Player : Alan. Surfant sur la législation liée à l’ANI et l’obligation pour les entreprises de proposer une couverture Santé aux salariés, Alan s’est lancé en 2016 dans le secteur de la Santé Collective. La promesse, pour les entreprises, d’une simplification des démarches de souscription.  De quoi leur permettre de respecter leurs obligations en quelques clics.

Sur cette lancée, Alan a diversifié son activité en proposant également une Assurance Santé pour les indépendant puis la couverture du risque Prévoyance des salariés.

Cet acteur a notamment su séduire les TPE, qui avaient perçu la réforme de l’ANI comme une contrainte, en leur simplifiant toutes les tâches allant de la souscription à la gestion du contrat.

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La DDA : un nouvel impératif législatif à intégrer pour les Pure Players

Mais comme rien n’est jamais éternellement simple, la Directive Européenne de Distribution d’Assurance impose désormais aux distributeurs de produits d’Assurance un devoir de conseil renforcé ainsi qu’une lisibilité des garanties accrue. De par l’absence de conseillers physiques ou de présence territoriale pour réaliser ce conseil, les Pure Players (tous risques d’Assurance confondus) vont ainsi se retrouver dans l’obligation de digitaliser et surtout formaliser ce devoir de conseil, notamment en cas de contrôle ACPR. 

Si la simple remise de documents en IARD semble suffisante avec la mise à disposition des IPID, l’Assurance Vie subit des contraintes plus importantes de par la spécificité des produits. Ainsi, il faudra intégrer dans les OAV digitaux, l’ensemble de ces contraintes légales. Des obligations encore plus prégnantes dans le domaine de l’assurance Collective où doivent se mêler contraintes législatives imposées (régimes conventionnels en vigueur notamment) et besoins effectifs exprimés par l’entreprise.

C’est donc une nouvelle révolution qui va s’opérer au sein de l’assurance et elle risque de bousculer une nouvelle fois l’ordre établi. Cette fois au détriment des Pure Players ?

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